Lexique
Lexique du drainage agricole, du drain à l'exutoire

Un devis de drainage agricole ou une étude de terrain emploie souvent un vocabulaire technique qui n'est pas toujours familier, même pour un exploitant qui connaît bien ses parcelles. Ce lexique réunit les termes les plus utilisés, chacun défini en une phrase simple et autonome, regroupés par thème.
Les ouvrages du réseau
Le drain est un tuyau perforé enterré sous une parcelle, destiné à capter l'eau excédentaire du sol et à l'acheminer vers un collecteur, qui la conduit ensuite hors de la parcelle.
Le collecteur est un tuyau non perforé qui rassemble l'eau de plusieurs drains et la conduit jusqu'à l'exutoire, sans capter d'eau lui-même sur son trajet dans la parcelle.
L'exutoire est l'endroit où l'eau quitte le réseau pour rejoindre un fossé, une rivière ou, sur le plateau de Caux, le fossé qui suit le fond d'une vallée sèche.
Le regard est un ouvrage vertical accessible en surface, placé à un point clé du réseau (jonction, changement de direction) pour permettre son inspection et son entretien.
L'écartement est la distance qui sépare deux drains parallèles sur une même parcelle, adaptée à la nature du sol et à la topographie plutôt qu'appliquée de façon identique partout.
Le fossé est un ouvrage à ciel ouvert qui recueille l'eau de ruissellement ou de drainage, et sert souvent d'exutoire à un réseau de drains quand aucun cours d'eau n'est proche.
La tranchée est l'ouverture faite dans le sol pour poser un drain ou un collecteur, puis remblayée. C'est la bande de terrain la plus remaniée par un chantier de pose.
Le sol et le ressuyage
Le ressuyage est le phénomène naturel par lequel un sol évacue progressivement son excès d'eau après une pluie ou une remontée de nappe, plus ou moins rapide selon la structure du sol.

La battance est la fermeture de la surface d'un sol limoneux sous des pluies fortes. Elle forme une croûte qui limite l'infiltration et favorise le ruissellement.
L'argile à silex est une formation peu perméable présente en profondeur sur une partie du plateau du Neubourg. Elle ralentit l'eau une fois la couche de limon traversée.
La portance est la capacité d'un sol à supporter le passage d'un engin sans s'enfoncer ni se déstructurer, un critère qui conditionne l'accès de chantier autant que le travail agricole courant.
Le limon est le sédiment fin qui compose l'essentiel des sols du pays de Caux, dont la structure à très faible stabilité se referme en surface sous l'effet des pluies fortes, ce qui limite l'infiltration (DREAL Normandie, Atlas des paysages de Haute-Normandie).
La remontée de nappe est une élévation temporaire de la nappe phréatique qui sature le haut du sol. Elle se distingue du ruissellement, même si les deux se ressemblent en surface.
La démarche avant travaux
L'étude de terrain est le diagnostic réalisé sur la parcelle avant tout chantier, qui identifie la cause du problème de ressuyage, la nature du sol et l'implantation la plus adaptée du réseau.
La déclaration loi sur l'eau est une démarche administrative à effectuer, au titre de la rubrique 3.3.2.0 du code de l'environnement, dès lors qu'une exploitation dépasse 20 hectares drainés. Au-delà de 100 hectares, c'est une autorisation qui est requise. En dessous de 20 hectares, aucune démarche n'est nécessaire à ce titre, sauf si la parcelle est identifiée comme zone humide, où d'autres règles s'appliquent dès 1 000 m² (article R214-1 du code de l'environnement, Légifrance).
Le calendrier cultural est la succession des travaux agricoles d'une parcelle au fil des saisons. L'étude de terrain en tient compte pour caler le chantier hors des périodes de culture.
Le devis est le document chiffré remis après l'étude de terrain, qui détaille les ouvrages prévus, leur implantation et le périmètre exact des travaux envisagés sur la parcelle.
La zone humide est une parcelle ou une portion de parcelle identifiée comme telle au sens réglementaire, où des règles spécifiques s'appliquent dès 1 000 m² de surface concernée, indépendamment du seuil de 20 hectares qui s'applique par ailleurs à la déclaration loi sur l'eau.
Ce lexique reste un point de repère, pas un préalable. Aucun exploitant n'a besoin de maîtriser ces termes avant de nous parler de sa parcelle. La pose de réseaux de drains s'appuie toujours sur une étude de terrain qui reformule chaque notion en langage concret, propre à votre situation. Pour mettre des montants sur ces mots, nos prix du drainage reprennent drain, regard, fossé et curage.


