Cultures
Les règles du drainage agricole en grande culture bio

La question revient régulièrement chez les exploitants engagés en grande culture biologique ou en cours de conversion. Le drainage agricole obéit-il à des règles différentes dès lors que la parcelle est conduite en bio ? La réponse honnête tient en deux parties, ce que l'on sait avec certitude sur le plan technique, et ce qui relève d'une vérification propre à chaque exploitation.
Le principe du drainage ne dépend pas du mode de conduite
Un réseau de drainage a pour fonction d'évacuer l'excès d'eau présent dans un sol, pour rétablir un ressuyage compatible avec le passage des engins et le développement racinaire des cultures. Ce principe physique reste identique quelle que soit la façon dont la parcelle est cultivée ensuite, avec des céréales conduites en conventionnel, en bio ou en cours de conversion. Le sol se comporte de la même manière face à l'eau, indépendamment du mode de conduite adopté par la suite.
Le sol détermine le besoin, pas la certification
C'est la nature du sol, sa structure et sa capacité d'infiltration qui déterminent si une parcelle a besoin d'un drainage, pas le référentiel de culture appliqué. Une parcelle argileuse en profondeur ou soumise à la battance en surface présentera les mêmes contraintes de ressuyage, qu'elle soit conduite en bio ou non. L'étude de terrain qui précède un projet de drainage évalue ces caractéristiques du sol indépendamment du mode de culture prévu.

Une prudence à observer sur le volet réglementaire
Sur le plan réglementaire, nous ne connaissons pas de règle bio spécifique qui encadrerait différemment la conception ou la pose d'un réseau de drainage. Cela ne signifie pas qu'aucune règle particulière ne puisse exister ou évoluer. Un exploitant engagé en bio ou en conversion, qui aurait un doute sur ce point, a intérêt à interroger directement son organisme certificateur avant d'engager un chantier, plutôt que de se fier à une information non vérifiée trouvée ailleurs.
Le calendrier des travaux, une question distincte du mode de conduite
Le calendrier d'un chantier de drainage se raisonne d'abord en fonction de la portance du sol et du calendrier cultural, pour intervenir hors période de culture en place et dans des conditions de sol praticables pour les engins. Cette logique de calendrier s'applique de la même façon en bio qu'en conventionnel. C'est l'état du sol au moment du chantier qui compte, pas le référentiel de production suivi par l'exploitation.
Le regard porté sur la parcelle reste le même
Qu'une exploitation soit conduite en bio, en conventionnel ou en agriculture de conservation, l'étude qui précède un projet de drainage suit la même logique, qui consiste à observer le sol, comprendre sa structure, localiser un exutoire possible, et évaluer la pente générale de la parcelle. Aucun de ces éléments techniques ne se lit différemment selon le référentiel de production suivi par l'exploitant. C'est un point qui rassure souvent les exploitants engagés en bio, parfois habitués à devoir justifier des adaptations spécifiques sur d'autres postes de leur exploitation.
Ce que retenir avant d'engager un projet
Un exploitant en grande culture bio n'a pas de raison technique de considérer que le drainage fonctionnerait différemment sur sa parcelle. Le point à clarifier, s'il subsiste un doute, relève de la réglementation propre à la certification bio et non de la technique du drainage elle-même. Ce point se vérifie auprès de l'organisme certificateur, pas auprès de l'entreprise de travaux.
Le sol se lit de la même manière, quelle que soit la certification retenue par la suite. C'est lui, non un cahier des charges, qui oriente le contenu de l'étude de terrain préalable. Le prix du réseau ne dépend pas davantage du label, comme le montrent nos tarifs à l'hectare.


